Parlons musées, le livre !

Parlons musée ! Panorama des théories et des pratiques

Sous la direction de Céline Schall, Marion Colas-Blaise et Gian Maria Tore, éditions Binsfeld, Luxembourg, 2014

Voici la présentation de cet ouvrage.

Parlons musée ! propose une réflexion panoramique sur l’institution muséale et accompagne un programme de recherches autour de la médiation culturelle au Luxembourg (Médiations culturelles au Luxembourg, Colas-Blaise, Tore, 2011-2013).

Le « musée » se pose souvent comme une évidence : c’est l’institution de la Culture par excellence, qui a pour missions la recherche, la conservation et la présentation de collections au public. Or, il en existe de tous types, qui, au-delà des missions de base, poursuivent des objectifs variés, présentent des formes diverses et s’adressent à des publics hétéroclites. Que mettre dès lors derrière ce terme de musée, qui renvoie aussi bien au Louvre qu’à une petite structure bénévole ? Une large littérature a récemment interrogé la définition du musée et ses orientations actuelles, visant ainsi à définir le champ d’action des musées et celui de son étude, la muséologie. Cet ouvrage interroge non seulement la définition du musée, mais l’apport de différentes sciences dans la connaissance et son évolution actuelle : comment l’anthropologie, l’histoire, la sémiotique, les sciences de l’information et de la communication, le marketing, la didactique, la sociologie, les sciences de l’éducation ou la psychologie peuvent-ils enrichir notre connaissance du musée ? Et surtout, quels rôles peut-on et veut-on donner au musée, au regard de ces différentes approches ?

En effet, le musée n’est pas seulement une institution où on conserve, étudie et expose. C’est aussi par exemple un acteur économique et touristique. C’est surtout un lieu de médiation où peuvent se tisser des relations avec l’art, avec le monde passé, présent ou futur, ainsi qu’avec « les autres ». C’est pourquoi il participe toujours de fait aux débats sociaux qui entourent les notions d’identité, de devoir de mémoire, de dialogue interculturel ou d’intégration sociale. Il a donc un rôle social et symbolique fort ; il constitue un lieu de rencontres, de questionnements, de provocations et, surtout, de découverte de soi-même et des autres. Ou du moins, il peut être tout cela lorsque les acteurs le décident. Il peut l’être aussi s’il est questionné avec un regard multi voire transdisciplinaire (ainsi, le considérer uniquement sous un angle économique, comme un agent touristique, ne permet pas de travailler son rôle social). Les questions suivantes se posent alors : quels sont les enjeux sociaux, identitaires, patrimoniaux de la constitution de collections ? Quels sont les apports de la création de réseaux de musées ? Quels problèmes spécifiques pose l’exposition de l’art moderne ou de l’art contemporain ? Qu’apportent vraiment les dispositifs de médiation dits « innovants » ? Et, enfin, comment connaître mieux ses publics et avec quels objectifs ?

Ces questions trouvent une résonance particulière au Luxembourg, pays marqué par la pluriculturalité et le multilinguisme, et où les musées peuvent être vus comme des vecteurs de cohésion sociale. Il s’agit aussi d’un enjeu sociétal dans la mesure où presque quatre-vingt institutions muséales sont implantées au Grand-duché et où des projets muséaux ambitieux y sont menés. Pourtant, les musées du Luxembourg restent relativement mal connus et il n’existe pas de critères officiels pour les aider à se définir. Les acteurs du champ muséal s’interrogent donc sur le sens à donner à leurs actions et sur les manières de satisfaire un public particulièrement diversifié.

Malgré ces interrogations, et même si les définitions du musée varient, se complexifient, évoluent au fil des pratiques, trois éléments sont (plus ou moins) toujours reconnus comme centraux au sein du musée : les collections, les médiations et les publics. On pourrait même concevoir le musée comme la rencontre entre des collections d’un côté (les objets, les savoirs) et des publics de l’autre (visiteurs, publics potentiels, société dans son sens large) et, entre les deux, des dispositifs de médiation (pour permettre cette rencontre). Même si cette conception du musée est simpliste, elle a le mérite de centrer notre attention sur trois objets très étudiés par les sciences humaines. C’est à partir de ces trois éléments que nous illustrons les différentes approches disciplinaires du musée en abordant ces trois problématiques centrales : les collections (partie 1), les médiations (partie 2) et les publics (partie 3). Pour chacun de ces thèmes, un dialogue s’engage entre deux genres d’écrits. D’une part, les articles des chercheurs abordent les différentes approches scientifiques du thème, tout en présentant des applications concrètes de la recherche (muséologie, sémiotique, communication, histoire, etc.) : chaque auteur donne ainsi un ou plusieurs exemples de ce que la discipline dans laquelle il s’inscrit apporte comme savoir sur les collections, sur les médiations ou sur les publics. D’autre part, les dossiers thématiques, rédigés par les professionnels, donnent lieu à un réel échange de points de vue entre les acteurs du champ muséal ; les auteurs interrogent ainsi leur pratique concrètement, à travers des études de terrain, et esquissent des réponses aux questions posées.

 Parlons muséesLe sommaire de l’ouvrage.

Préface – Maggy Nagel, ministre de la culture

Avant-propos – Céline Schall, Marion Colas-Blaise et Gian Maria Tore

Introduction – La « muséologie » pour penser l’évolution des musées ?
 – Jean Davallon

Première partie – L’objet de musée :
 collectionner, étudier, protéger, comprendre

  • Introduction – Céline Schall
  • Pour une autre approche de l’histoire des musées – André Gob
  • Anthropologie, musées et multiculturalisme – nouvelles stratégies pour les musées ethnographiques – Xavier Roigé
  • Sémiotique, esthétique, musée d’art – Marie Renoue
  • Dossier thématique : les réseaux de musées – Introduction par Céline Schall, le réseau musées luxembourg par Frank Schroeder, le groupement « d’stater muséeën » par jo kox
bâle musées par Eva Keller, l’asbl musées et société en wallonie par Françoise Gohy

Deuxième partie – L’exposition et les médiations muséales :
 diffuser, échanger, faire communiquer

  • Introduction – Céline Schall
  • Une approche des médiations muséales en sciences de la communication :
 dispositifs participatifs et visiteurs
- Michèle Gellereau
  • De nouvelles formes de muséologie : l’apport des recherches en didactique 
- André Giordan
  • Musées, stratégie et « événementialisation » – Jean-Michel Tobelem
  • Dossier thématique 2 : La médiation muséale et les médiations « innovantes » – Introduction par Morgan Meyer, l’exposition ilux par Gianna Thommes, le musée d’histoire[s] Diekirch par Carine Welter, le Casino Luxembourg par Kevin Muhlen, le Mudam par Enrico Lunghi

Troisième partie

  • Les publics des musées : cibler, comprendre, évaluer
  • Introduction – Céline Schall
  • Le musée et la sociologie des publics : l’exemple des musées de la civilisation 
- Lucie Daignault et Claire Cousson
  • L’évaluation de la compréhension du texte au musée par un public scolaire 
- Emma Nardi
  • L’expérience de visite au regard de la psychologie – Jean-Christophe Vilatte
  • Dossier thématique 3 : concevoir un projet d’exposition
au Luxembourg pour divers publics – Introduction par Jean-Christophe Vilatte, 
les 2 musées de la ville de Luxembourg par Danièle Wagener, the family of man par Anke Reitz, 
le musée national d’histoire et d’art par Jean-Luc Mousset, le musée national d’histoire naturelle par Patrick Michaely

Conclusions : perspective de l’étude et de la pratique des musées au Luxembourg
- Gaëlle Crenn

Présentation des directeurs de publication et du comité scientifique

2 réponses

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  1. Philippe Markarian
    Philippe Markarian à |

    Bonjour,

    pourriez-vous indiquer comment se procurer ce livre ? Après une petite recherche sur les sites de vente en ligne, je ne l’ai trouvé nulle part… Merci d’avance.

    Cordialement.

    PMK

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