Mécénat et fiscalité

Organisés dans le cadre de la célébration des dix ans de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, les Entretiens du mécénat viennent de rassembler des représentants du mécénat d’entreprise, des fondations et de la culture autour de quatre grands thèmes relatifs à l’impact de cette législation, ainsi qu’aux évolutions récentes et aux perspectives d’avenir du mécénat et de la philanthropie culturels en France.

Or, alors que le système français de mécénat est l’un des plus généreux au monde, certains observateurs attribuent la baisse d’implication des entreprises dans le mécénat aux incertitudes pesant sur ce dispositif fiscal.

Il est permis d’en douter.

Mécénat 10 ansEn effet, les avantages fiscaux ne constituent nullement le fondement de l’intervention des entreprises dans le mécénat ; tout au plus, ces avantages peuvent contribuer à accroître le montant « net » qu’une entreprise souhaite consacrer à ce type d’activité.

Surtout, il existe 3 raisons principales qui expliquent ce recul du mécénat.

  1. L’impact de la crise, qui conduit nombre d’entreprises à réduire leur budget de communication, dans lequel le mécénat n’occupe d’ores et déjà qu’une place très modeste.
  2. Le développement de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), qui tend à déplacer le curseur vers d’autres paramètres que celui du mécénat.
  3. Le fait que les promoteurs du mécénat des entreprises n’ont pas réussi à faire reconnaître cette technique comme potentiellement avantageuse en termes stratégiques et de management : on n’en trouve d’ailleurs quasiment aucune trace dans les manuels de gestion ou dans les enseignements des écoles de commerce.

C’est le signe qu’à fonder le discours relatif au mécénat sur la « générosité » des entreprises on ne favorise guère son extension au-delà de la sphère des convaincus (souvent du reste des entreprises qui gravitent dans la sphère publique ou sont en contact avec des intérêts publics).

En définitive, rappelons que le fait que l’ADMICAL n’a pas réussi à convaincre un important chef d’entreprise de prendre les rênes de l’association constitue assurément un handicap pour élargir le cercle des adeptes du mécénat.

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