Quel management pour le secteur culturel ? (première partie)

Les musées, les monuments, les théâtres, les centres culturels, les maisons d’opéra, les sites archéologiques, les centres d’art ou encore les bibliothèques ne sont pas des entreprises, n’ayant ni actionnaires ni objectif de profit.

Néanmoins, comme toute organisation – et toute organisation publique en particulier (à l’instar des universités ou des hôpitaux) – ces institutions culturelles doivent être bien « gérées », car elles sont financées par les impôts des citoyens.

Cela implique la réalisation prioritaire des missions de l’institution (scientifique, culturelle, pédagogique, sociale, touristique…) avec la meilleure utilisation possible des moyens humains, techniques et financiers disponibles, y compris grâce à l’apport de partenariats et de coopérations.

La réussite d’un équipement culturel se mesure par ailleurs à son degré d’insertion dans son territoire, à l’égard des publics de proximité (les autres seront attirés par le rayonnement de l’institution), du tissu culturel et associatif local, des opérateurs touristiques et des entreprises.

N’oublions pas non plus les conditions d’accueil, qu’il s’agisse de l’offre de service (espaces de confort et de repos, commodités diverses, voire boutique et/ou cafétéria), les propositions d’animations et d’événements, les modalités d’accès et de fidélisation, etc.

Outre leur connaissance des publics et de la médiation culturelle, les responsables d’institutions culturelles peuvent analyser le fonctionnement de sites existants comparables et ils ont intérêt – en tout état de cause – à s’appuyer sur une connaissance directe et approfondie de leurs publics actuels et potentiels à travers la réalisation régulière d’études et d’évaluations.

Certains élus continuent cependant à exprimer des réserves concernant la direction des équipements culturels publics : manque de vision stratégique, défaillance dans la gestion des ressources humaines, absence de perspective claire de croissance et de participation au développement du territoire, méfiance à l’égard du secteur touristique, timidité envers le mécénat, etc.

Face à ce constat, la question principale reste de développer des méthodes et des savoir-faire permettant d’assurer un fonctionnement plus efficace et une meilleure inscription territoriale de l’institution culturelle.

Autrement dit, il ne s’agit pas de transposer sans recul ni réflexion les outils de gestion des entreprises, mais bien de définir les contours d’un management public adapté aux missions spécifiques des équipements culturels, en matière de pilotage stratégique, de financement, d’organisation, de démarche qualité, de mercatique et d’évaluation des performances.

À défaut, on se priverait d’un outil puissant de politique dans les domaines scientifique, culturel, éducatif, social, touristique, économique et de communication.

Dans le secteur culturel, le management peut être défini comme le processus de changement permettant à une organisation d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés pour se conformer à sa mission (précisée dans son projet culturel, scientifique ou artistique).

Il revient à cet égard au chef d’établissement d’agir sur deux plans : en interne, il doit mettre en œuvre les changements requis à l’intérieur de son organisation ; à l’extérieur de cette dernière, il doit convaincre de l’intérêt de son projet les tutelles, les partenaires, les acteurs locaux et les « publics » au sens large du terme.

On conçoit à cet égard à quel point il est délicat d’être à la fois un spécialiste dans un domaine culturel spécifique et un « manager » apte à piloter une organisation complexe. Cela requiert en effet des qualités permettant d’optimiser les ressources humaines, techniques et financières de l’organisation culturelle ; la formation (initiale et continue) constituant sans doute l’une des réponses appropriées pour faire face à ce défi (nous y reviendrons).

Le management n’est donc pas une fin en soi : c’est un outil qui permet la meilleure utilisation des moyens disponibles pour permettre à l’organisation culturelle d’accomplir sa mission. Sinon, on pourrait légitimement reprocher aux responsables de l’institution culturelle de ne pas faire un usage optimal des ressources mises à leur disposition, les subventions publiques en particulier.

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