Comment gérer un grand monument historique ?

On parle beaucoup de gestionnaires à la tête des monuments historiques, mais précise-t-on ce que l’on entend par « gestionnaire » ?

S’agit-il de la gestion budgétaire, juridique et des ressources humaines ?

Ou parle-t-on de définir une stratégie raisonnée de développement découlant de ses missions, en établissant des priorités et en dégageant les moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour obtenir les résultats souhaités ?

Dans ce cas, on peut s’interroger sur les résultats obtenus à Versailles, l’un des monuments les plus réputés dans le monde, que le magazine « Que choisir ? » désignait récemment comme le site le plus mal géré de France.

Si le qualificatif peut paraître injuste à certains, le dossier établi par Bernard Hasquenoph du site Louvrepourtous.fr sous le titre « Accueil du public, le chaos de Versailles » (http://www.louvrepourtous.fr/Accueil-du-public-le-chaos-de,689.html) soulève de nombreuses interrogations, qui appelleront sans doute des réponses argumentées de la part de la direction du château.

Car observations, analyses et témoignages semblent converger pour souligner les difficultés rencontrées en termes d’accessibilité, d’expérience de visite et d’enrichissement culturel des publics, des problèmes abondamment relayés à l’échelle internationale.

Pour en revenir à la question posée au préalable, gérer un monument suppose probablement :

  1. de se fixer un certain nombre d’objectifs réalistes en termes d’apports scientifiques, culturels, historiques et artistiques pour les visiteurs ;
  2. de prendre des mesures adéquates en termes d’organisation interne ;
  3. de rechercher une cohérence entre ces mesures prioritaires et une politique événementielle qui ne doit pas y porter atteinte.

Dans cette mesure, réduire prioritairement le temps d’attente des visiteurs, améliorer l’expérience des publics, proposer une tarification adaptée aux modes réels de visite et proposer des services répondant aux normes internationales (toilettes, cafétéria, aides à la visite, lieux de repos, etc.) ne constituent-ils pas des critères fondamentaux de la bonne gestion d’un monument ?

Quant à la question de la programmation artistique contemporaine ou celle de la communication, elle devient sinon secondaire, du moins seconde par rapport aux impératifs qui s’imposent en tout état de cause dans un monument qui voit converger des visiteurs du monde entier et devient – par conséquent – une vitrine de la qualité de l’accueil dans notre pays.

Par ailleurs, un gestionnaire ne supprime pas le « livre d’or » des visiteurs, où ces derniers peuvent déposer leurs commentaires, comme cela a été fait imprudemment à Versailles. Ils sont loin d’être inutiles en effet si on les interprète avec discernement. Cela étant, l’Internet et les réseaux sociaux offrent à présent une caisse de résonance bien plus importante…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Une réponse

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  1. Lehalle
    Lehalle à |

    Très bien! On pourrait aussi insister sur la nécessité d’objectifs politiques et sociaux pour diriger un site patrimonial, et pour ses visiteurs. Bien « inscrire le monument » dans la ville ou le milieu rural où il se situe est une garantie de meilleure gestion, à mon avis : s’insérer dans les politiques de développement local ( urbanisme ou écologie, par ex.)peut non seulement faire bénéficier le site de partenariat, mais aussi l’engager dans des mutualisations bénéfiques ( Communication; outils web; formations…..) et une gouvernance adaptée ( aux différentes questions sociales, localement ( publics de proximité); ou relations internationales; repérage de compétences locales.). Vos objectifs « apports scientifiques/culturels/historiques/artistiques », pour les visiteurs, ne risquent à mon avis rien à se frotter à ce réel-là.Mieux vaut prendre des partis-pris que de subir les critiques ou les contre-feux des élus, car les sites cultuels ont tout de même trop tendance à vivre hors sol, épris de liberté absolue pour leur sacro-sainte « programmation », par exemple. Quels autres services d’une Ville, d’un Département ou d’une Région ont une liberté telle qu’elle leur permettrait de se démarquer en permanence des stratégies et des politiques locales?

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