Faut-il avoir peur de la gestion ?

L’orientation gestionnaire est fréquemment rendue responsable d’un éloignement des grandes institutions culturelles de leurs missions artistiques, scientifiques, sociales ou pédagogiques.

C’est peut-être aller un peu vite en besogne !

Nul ne peut nier qu’une priorité accordée aux logiques managériales puisse parfois s’effectuer en contradiction avec la vocation culturelle et éducative de quelques grands établissements.

Mais cela supposerait que l’on confonde les fins avec les moyens.

En effet, un grand établissement doit nécessairement être « géré », si l’on entend par là qu’il doit être fait un usage pertinent et efficient des fonds publics, d’une part ; et que, d’autre part, les évolutions du monde contemporain imposent à ces établissements de nouvelles responsabilités : gestion des ressources humaines, recherche de financements, animation des partenariats, encadrement juridique des opérations, démarche stratégique, etc.

Autrement dit, il n’est pas imaginable de négliger la fonction gestionnaire des établissements culturels, mais cette dernière doit nécessairement être placée au service de leurs fonctions scientifiques et éducatives.

Partagez-vous ce point de vue ?

Une réponse

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  1. Olivier Rousseau
    Olivier Rousseau à |

    Tout à fait d’accord avec vous sur le fait qu’il ne faut confondre les fins et les moyens.
    Par contre, pour suivre la même logique, les établissement culturels n’ont pas pour moi de fonction gestionnaire qui devrait être placée au service des fonctions scientifiques et éducatives (votre dernier paragraphe). La gestion est « un moyen », les fonctions scientifiques et éducatives sont « des fins » (auxquelles on pourrait ajouter les fonctions de conservation du patrimoine et d’animation d’un territoire par exemple).
    La gestion n’étant pas une « fin », ce n’est donc pas une « fonction » du musée.
    La gestion est un « moyen ». Un moyen au service d’un projet d’établissement et, s’il existe, d’un PSC.
    A mon sens, tous les établissements, qu’ils soient petits ou grands, sont « gérés ». Certains le sont moins bien que d’autres, ou de manière plus ou moins professionnelle/consciente/active, c’est tout. Cela si l’on entend la gestion comme la manière dont on administre / fait fonctionner une organisation…
    La « peur de la gestion » correspond peut-être plutôt à la « peur d’utiliser des techniques de management ». C’est peut-être d’abord une peur de l’inconnu car le management n’est pas dans la « culture » de nombreux « cultureux », du moins pour les anciennes générations qui n’ont pas été sensibilisées à cela (sans faire trop de jeunisme…) : le management c’est « sale », c’est l’asservissement de l’Homme par l’Homme, ça va à l’encontre de l’épanouissement de l’Homme (pour ne parler que de GRH), c’est développer une logique utilitariste / ressourciste / matérialiste menant à une logique commerciale (oh encore un mot sale !) au lieu d’avoir une logique désintéréssée / humaniste / spirituelle / pure… bref « culturelle » , etc. Autant d’idées préconçues que l’on ressent ou entend chez certains. Peut-être la « gestion » a-t-elle une image trop associée (à tord à mon avis) aux excès du capitalisme et du libéralisme ?
    Pourquoi avoir peur des techniques de gestion alors que le management est un ensemble d’outils / une posture qui permet au responsable, à ses collaborateurs et à toute l’organisation de fonctionner « au mieux » au quotidien ? Peut-être parce que cela oblige à avoir une vraie réflexion sur ce que l’on fait, comment on le fait et pourquoi on le fait ? Peut-être parce que cela oblige à se confronter à son environnement et donc à la réalité du marché même si on est une organisation culturelle ?
    Peut-être certains ont-ils raisons d’avoir peur de la « gestion » car la « gestion » nous oblige à une perpétuelle remise en cause de nos actions, de nos représentations et de nos relations avec les acteurs qui participent au fonctionnement de notre organisation…

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