Ces châteaux qui se démeublent

« On les appelle les « House Sales ». Ces ventes événements qui affolent le marché de l’art, et qui ont lieu sur place, dans des châteaux et autres belles demeures, que leurs propriétaires ont décidé de céder, pour des raisons financières ou pour sortir d’une situation délicate, succession ou indivision.

Dans ce cas, bien souvent, ils se séparent en premier lieu des meubles.

Avec une conclusion toujours identique : la cession complète d’ensembles de pièces de mobilier, d’objets voire d’oeuvres d’art amassés, telles des collections attachées à demeure, au fil des générations.

Déplacés, quel sens ont-ils, tant ils sont indissociables de l’esprit d’un lieu ? »

Dans le dernier numéro de Vieilles Maisons Françaises, (n° 50, juillet 2013), Sophie Flouquet s’interroge à la suite de ce paragraphe introductif : « Un château démeublé a-t-il encore une âme ? »

VMF 250Voici la présentation de ce numéro.

Le Finistère, De Brest au Pouldu

De Brest au Pouldu, en suivant le littoral et les estuaires, ce dossier invite à la flânerie et à la découverte.

En partant de Brest, le port de France métropolitaine le plus proche du continent américain, qui «ouvre» l’Europe, jusqu’au pays de Quimperlé, au sud, limite départementale qui n’est pas tout à fait celle de la Cornouaille historique, toute une variété de paysages et de territoires aux identités bien affirmées se dévoile.

Omniprésente, la mer, que l’on contemple depuis les caps qui s’avancent telles des proues, depuis les ports voués à la pêche ou à la plaisance, depuis les plages accueillantes aux baigneurs, depuis les rives des fleuves remontés par la marée, fut toujours source de richesse, fenêtre découpée sur le vaste monde, horizon familier bien que souvent menaçant…

Reflet de l’histoire, des activités des hommes, de leurs traditions, de leurs représentations, le patrimoine, dans ses multiples dimensions, compose la toile de fond de ce voyage en Finistère sud.

cES CHÂTEAUX QUI SE DÉMEUBLENT

Groussey, Royaumont, Digoine… Avant même d’être vendues, ces demeures historiques ont été démeublées.

Au risque de perdre leur âme, que celle-ci réside dans l’oeuvre d’un créateur de génie, comme Beistegui à Groussey, ou dans la mémoire accumulée de générations qui se sont succédé dans un même lieu.

Où l’on se reprend à rêver d’un National Trust à la française…

Cenevières RÉSOLUMENT TOURNÉ VERS L’AVENIR

Perché sur un rocher surplombant un méandre du Lot, au coeur du parc naturel régional des Causses du Quercy, le château de Cénevières se remarque de loin.

Place forte médiévale mise au goût du jour à la Renaissance, cette fière demeure, classée au titre des Monuments historiques en 1957, s’est transmise de génération en génération sans avoir fait l’objet d’aucune vente depuis plus de deux cents ans.

Visite des lieux en compagnie du père, Guy de Braquilanges, toujours prêt à faire revivre le passé d’éblouissante manière, et du fils, Patrick, qui travaille à ancrer plus que jamais le château dans le présent.

La datcha de Tourgueniev, ambiance russe à bougival

Une étrange vision s’offre au promeneur qui gravit le sentier serpentant à flanc de coteau en surplomb de la Seine, à la hauteur de Bougival.

Blottie au-dessus d’une vaste villa aux volets clos, une demeure à l’allure de chalet suisse évoquant une isba se cache parmi les arbres.

Elle fut la retraite du grand écrivain russe Ivan Tourgueniev (1818-1883), qui l’habita de 1875 jusqu’à sa mort.

Une réponse

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  1. France
    France à |

    « Au risque de perdre leur âme » > c’est un peut paradoxal cet élan vers la vente issu de familles qui ont tout possédé (comprenons nous, ce n’est pas dans un pavillon de banlieue qu’on lieu ce type de démarches). Cancer capitaliste ?

    Il est urgent de revaloriser et soutenir le patrimoine en France avant que notre absence de pétrole se complète par une absence d’histoire et de racines.

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