Le monde s'expose : une semaine au musée

Dans l’émission Culturemonde présentée par le journaliste Florian Delorme sur France Culture (http://www.franceculture.com/emission-culturesmonde.html-0), une semaine a été consacrée à la question des musées.

Voici la présentation des différentes émissions.

1. La fin du musée à l’occidentale ? (26.9.2011)

« Si le musée est né dans la vieille Europe, pour atteindre son apogée au XIXème siècle au sein d’une époque d’exaltation des patriotismes, il connaît un renouveau aujourd’hui, et cette fois ci, c’est le monde entier qui semble toucher par la « collectionnite ». Assiste-t-on à une patrimonialisation du monde ? Sur quel modèle les musées d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique peuvent-ils se construire ? Faut-il tuer le modèle occidental du musée pour que s’épanouissent de nouveaux modes de conservation et de promotion du patrimoine ? »

Avec, en studio, Dominique Poulot, professeur d’histoire de la culture et des institutions à Paris 1, chercheur au CNRS, et auteur de Musée et muséologie, La Découverte, 2009 et de Musée, Nation, Patrimoine, Gallimard, 1997.

Et au téléphone, Germain Loumpet (depuis le Cameroun), anthropologue, conservateur, muséologue et Maître de conférences à l’université de Yaoundé au Cameroun.

Et Alban Bensa, anthropologue à l’EHESS, spécialiste de la Nouvelle-Calédonie, auteur de Ethnologie et architecture. Le Centre culturel Tjibaou, une réalisation de Renzo Piano (2000).

2. Quels publics pour quels musées ? (27.9.2011)

« Selon l’article 2 des statuts de l’International Council of Museum, le musée est définit comme « une institution permanente sans but lucratif, au service de la société et de son développement, ouverte au public et qui fait des recherches concernant les témoins matériels de l’homme et de son environnement, acquiert ceux-là, les conserve, les communique et notamment les expose à des fin d’études, d’éducation et de délectation ». Dans cette définition, on voit combien la place du public est centrale. Nous allons nous intéresser aujourd’hui à ce qui fait la raison d’être des musées : le visiteur !

Quel place le public a-t-il dans le musée ? Comment se comporte-t-il par rapport aux œuvres ? Comment les politiques publiques prennent-elles en compte la demande des visiteurs ? Les attentes et la posture du public sont-elles différentes selon les régions et les cultures du monde ? »

Avec, en studio, Jean-Michel Tobelem, docteur en gestion, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’études supérieures de droit public, dirige l’Institut d’étude et de recherche Option Culture. Il est notamment l’auteur du Nouvel âge des musées : les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, 2ème édition, 2010).

Au téléphone, depuis Londres, Joanna Mackle, Directrice des Relations avec le Public (Director of Public Engagement) du British Museum depuis 2003.

Et Simon Njami, écrivain, critique et commissaire d’exposition. Il a été co-fondateur et chef de rédaction de la revue culturelle Revue Noire. En 2007, il s’est occupé, en tant que commissaire, du Pavillon africain de la 52e Biennale d’art internationale de Venise. Il s’est également occupé de nombreuses expositions d’art, dont Africa Remix. Il a co-édité de nombreux ouvrages, parmi lesquels Anthologie de l’Art africain au XXe siècle (2002).

3. Un obélisque à Paris : à qui appartiennent les oeuvres d’art ? (28.9.2011)

« En mars dernier, l’Unesco célébrait son 40ème anniversaire sur fond de révolutions arabes. Elle exprimait son inquiétude quant au risque de trafic de biens culturels (tout le monde a en tête les images de pillages au musée égyptien du Caire, en février dernier, et on se souvient également des pillages qui avaient eu lieu après l’invasion de l’Irak par les USA).

En 1995, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture avait fait adopter une disposition sur les biens culturels volés ou explicitement exportés. Sauf que ce dispositif jugé très contraignant par les acteurs des marchés de l’art ne fut signé que par une trentaine de pays, ce qui n’a donc pas réglé la question des demandes de restitution d’œuvres d’art qui se sont multipliées ces dernières années.

Quelles sont les principales revendications ? Sur quels objets portent-elles et relèvent-elles  toujours de considérations culturelles et artistiques ? Quelle est l’efficacité du droit en la matière ? »

Edouard Planche, juriste à l’UNESCO, spécialiste de la protection du patrimoine mobilier et immobilier, et de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels.

Elena Korka, directrice des antiquités au Ministère de la Culture de la Grèce

Sally Price, anthropologue, auteur du Musée des illusions. Le rendez-vous manqué du quai Branly, Denoël, 2011.

4. L’Effet Guggenheim (29.9.2011)

« Créée en 1937 par un millionnaire américain passionné d’art moderne, la fondation Guggenheim a pour vocation de promouvoir l’art abstrait auprès du grand public. Son premier musée, ouvert à New York en 1959, est mondialement réputé, tant pour sa programmation avant-gardiste que pour son architecture audacieuse en forme de spirale, conçue par Frank Lloyd Wright.

Depuis 1988, la Fondation est dirigée par Thomas Krens qui a eu l’idée de créer un système de franchises à l’étranger pour installer des satellites auxquels l’institution new-yorkaise prête par roulement sa prestigieuse collection.

A peu près au même moment, en 1990, de l’autre côté de l’Atlantique, au Pays basque espagnol, des hommes et des femmes du gouvernement basque et du Conseil général de Biscaye partageaient l’intuition que la culture pouvait constituer l’une des voies pour sortir la capitale basque – et, plus largement, la région – du marasme économique et social hérité de la période franquiste (Joseba Arregi, le ministre chargé de la culture au Gouvernement basque, Juan Luis Laskurain, vice-président chargé des finances et Juan Ignacio Vidarte, directeur de la politique fiscale et financière de la province de Biscaye). C’est grâce à leur persévérance qu’un projet de musée Guggenheim à Bilbao a pu voir le jour.

Le 17 octobre 1997, le monde entier découvrait au Pays Basque espagnol un musée futuriste spectaculaire, un énorme vaisseau de titane imaginé par l’architecte américano-canadien Franck Gehry. Un musée qui a permis à la ville et à toute la région de sortir de l’apathie dans laquelle elle se trouvait. C’est cela l’effet Guggenheim ! C’est l’impact que peut avoir un équipement culturel d’envergure sur le développement économique et social d’un territoire !

Pourquoi cela a si bien fonctionné à Bilbao ? Ce modèle est-il transposable, exportable ? Suffit-il de décentraliser un grand musée dans une région/un quartier/une périphérie en crise pour la requalifier ? »

Avec Marc Abélès, anthropologue (EHESS-CNRS), et auteur de Pékin, 798 (Stock, 2011).

Juan Ignacio Vidarte, Directeur général du Musée Guggenheim, Bilbao (Espagne).

Alexandre Kazerouni, doctorant au CERI (Sciences-Po), spécialiste des musées dans les Etats arabes du Golfe persique.

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