Les bibliothèques vont-elles disparaître ?

À l’heure où le succès des nouvelles médiathèques ne se dément pas, il peut paraître surprenant d’interpeller le lecteur sur un mode alarmant.

D’autant que le Congrès de l’Association des bibliothécaires de France, qui s’est tenu dans le sérieux et la bonne humeur à Lille, s’est donné un thème passionnant : celui de la communication (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=3769).

Mais, précisément, pourquoi le choix de cette thématique, après celle du financement l’année dernière à Tours (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=1940), si ce n’est parce qu’un courant d’inquiétude, voire d’angoisse, saisit la profession ?

Que vont devenir les bibliothèques dès lors que certains élus considèrent, à l’heure de la dématérialisation des contenus, que l’Internet,
les réseaux sociaux et les industries culturelles pourvoient largement aux besoins culturels des citoyens ?

Derrière cette question, une interrogation fondamentale : quel est – en dernier ressort – le rôle des bibliothèques (et des bibliothécaires) ? En quoi ce rôle est-il irremplaçable ? Que se passerait-il si elles venaient à disparaître ? D’autres équipements pourraient-ils remplir la même mission culturelle, éducative et sociale ?

Quelles que soient les réponses à apporter à ces questionnements, il apparaît que l’essor de la société de l’information et de la connaissance, l’usage croissant des nouvelles techniques et l’apparition de pratiques culturelles inédites imposent de repenser en profondeur la conception des bibliothèques publiques.

Autrement dit, s’il est légitime de vouloir communiquer (pour mieux faire reconnaître son rôle ?), on peut toutefois penser que lancer une campagne de communication (en direction du grand public, des tutelles, des décideurs, du gouvernement ?), comme semblent le souhaiter de nombreux professionnels, ne peut trouver son sens que comme l’aboutissement d’une réflexion prospective préalable s’appuyant sur une analyse en profondeur des mutations actuelles de l’environnement dans lequel évoluent les bibliothécaires.

Le résultat de ce travail de réflexion, à l’instar de celui réalisé récemment par l’association des conservateurs des collections publiques de France, pourrait prendre la forme d’un « livre blanc » (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=3340).

Ce serait l’occasion d’établir une plate-forme de consensus sur la fonction et le devenir des bibliothèques au service de la société, d’une part ; et, d’autre part, de forger un instrument de conviction (ou de lobbying) en direction certes du grand public (dont l’image qu’il se fait des bibliothèques n’est pas toujours précise ni juste), mais surtout des responsables publics, qui seront conduits à des arbitrages critiques sur le plan financier dans les temps à venir.

Il sera alors plus aisé de concevoir des alliances ou des coalitions permettant de redéfinir l’importance des équipements culturels, avec les autres secteurs que sont le spectacle vivant, les enseignements artistiques, les arts plastiques, les institutions de culture scientifique et
technique, les musées ou encore le patrimoine.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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